I. UN PARTENARIAT AVEC DES ACTEURS DU NORD
De 1976 à 1991, la FONGS a fonctionné sur la base de « l’approche projet » qui a montré de multiples limites. En effet, du point de vue des acteurs, le bailleur de fonds qui est souvent du Nord, occupe une place très importante et les autres acteurs du Sud sont surtout considérés comme des bénéficiaires. D’autre part, dans la plupart des cas, la durée du partenariat (entre guillemets) se limite à la période d’exécution du projet. Les relations s’arrêtent dès que le projet est bouclé.
Ainsi, suite à une crise vécue par la FONGS, à la fin des années 80, un travail d’auto évaluation a permis de mettre en évidence les limites internes à notre fédération mais également de redéfinir le type de partenariat à établir avec les autres acteurs parmi lesquels se trouvent les bailleurs de fonds.
Des principes et les pratiques ont permis de « nourrir » ce partenariat qui dure maintenant depuis près de quinze (15) ans, et qui a contribué concrètement à améliorer les conditions de vie des populations rurales sénégalaises. Dans une moindre mesure on peut penser aussi qu’il a contribué à sensibiliser les sociétés civiles du Nord sur les questions de développement en général.
En somme, le passage de « l’approche projet » à « l’approche programme » a eu des incidences fondamentales car dorénavant le partenaire est axé sur l’importance de la relation entre les parties.
A. Des principes fondamentaux partagés par tous
Nous pouvons citer six (6) principes qui nous semblent déterminants.
Le premier principe c’est la durée de la relation. Depuis 1991, à travers une série de quatre programmes successifs un partenariat s’est construit dans un processus qui a permis une connaissance approfondie entre les différents acteurs et l’établissement de relations de confiance. Ces acteurs ne se résument pas seulement au « face à face donneurs/bénéficiaires », mais c’est tout un réseau d’acteurs comprenant des consultants, des structures d’appui publiques et privées, etc. qui œuvre à l’atteinte des objectifs définis.
Le deuxième principe c’est le dialogue permanent qui s’est instauré à travers un mécanisme régulier de tables rondes et de rencontres semestrielles. Elles s’organisent en alternance au Nord et au Sud et permettent de vérifier si le déroulement des actions va bien dans le sens de ce qui avait été retenu ensemble.
Le troisième principe c’est la définition et le respect de règles communes. En effet, nous avons mis en place un mécanisme de suivi évaluation, de contrôle de gestion financière et d’audits annuels effectués par des cabinets de renommée internationale tels que KPMG, Bigonville et Delhove, etc.
Le quatrième principe, c’est la traduction de la vision de la FONGS en objectifs partagés. Dès 1991, 7 défis majeurs dans le monde rural avaient été identifiés avec les partenaires, 16 principes avaient également été identifiés et les types d’appui définis. Une fois que les finalités sont clarifiées, les programmes ont été définis et les outils précisés.
Le cinquième principe, c’est la définition commune de stratégies articulées. Elle concerne la construction d’outils de communication, des actions de lobbying au Nord comme au Sud, des propositions communes notamment sur le commerce international au niveau de l’OMC, la place et le rôle de la société civile dans les Accords de Cotonou, etc.
Le sixième principe c’est le partage des gains qui permet une valorisation des acquis par l’ensemble des acteurs aussi bien au Nord qu’au Sud. D’autre part, il constitue un moyen d’augmenter l’impact des actions et même de partager les pratiques de partenariat de façon plus large.
B. Des programmes pour traduire le partenariat en actions de développement
Il est important de rappeler que depuis 1991, nous avons mené quatre programmes dans lesquels on retrouve une continuité avec la plupart des partenaires du Nord, notamment dans un consortium d’ONG du Nord, parmi lesquelles on peut citer CIPSI, cofinancé par l’UE et la coopération bilatérale suisse.
De 1990 à 2002 trois programmes se sont déroulés :
• Le programme triennal (1991-1994) axé sur les Echanges-Formation-Appui entre Associations (PEFA) ;
• Le programme biennal (1995-1997) axé sur le renforcement de la capacité d’auto-programmation des associations ;
• Le programme quadriennal (1998-2002) axé sur les services à la base.
A partir de 2002, la FONGS a élaboré un document d’orientation stratégique (DOS) qui définit sa nouvelle vision de l'avenir du monde rural pour « construire autrement le futur du monde rural ». Sur cette base elle a élaboré deux programmes qu’elle a partagés avec ses partenaires :
• Le Programme pour autonomiser la réflexion et l’action durable (PARAD) ;
• Le Fonds d’appui aux initiatives rurales (FAIR).
Ainsi, les acteurs principaux restent les suivants :
• les paysans qui sont au cœur du processus notamment dans le Conseil d’administration et dans l’Assemblée générale qui sont les instances décisionnaires de la FONGS. Ils sont appuyés par des ressources humaines non-paysannes à l’intérieur de la structure en tant que salariés ;
• le consortium de bailleurs avec lequel il existe de la confiance mutuelle, de la connivence et de la rigueur dans le respect des engagements.
On peut également citer les autres partenaires paysans au Sénégal avec le Conseil National de Concertation et de coopération des ruraux, dont on est membre et en Afrique de l’Ouest avec le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), et au niveau international, Via Campésina et la Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA).
II. UN PARTENARIAT PAYSAN
La FONGS a octroyé des formations des OP et leaders membres et non-membres de la FONGS a mise en œuvre du Projet TCP/SEN/6713 B FAO/ETAT, pour le renforcement des capacités des OP dans le domaine de l'agriculture durable et l'analyse des politiques agricoles.
C'est aussi que trois (03) prestations ont été réalisées à l'intention des leaders d'OP avec l'appui et le concours d'experts nationaux et internationaux.
A. Information et formation des leaders pour renforcer leur capacité de compréhension, d'analyse des instruments et leur capacité d'anticipation
- Recherche documentaire et diffusion d'informations sur les politiques agricoles et commerciales ;
- Étude de cas sur les filières (riz, banane, arachide) et sur la fiscalité et les sources de financements ;
- Étude de cas sur l'OMC et l'impact sur la petite agriculture ;
- Élaboration de 4 manuels pédagogiques dont le thème central est "Qu'est-ce qu'une politique agricole" ;
- Série de formation pour trente (30) leaders d'OP sur le thème "Une politique agricole dans son environnement national et international" ;
- Étude Impact des politiques Agricoles (Filières - Finances) ;
- Série d'ateliers de renforcement de capacités en analyse de politiques agricoles au profit de trente (30) leaders paysans (CNCR - FONGS) ;
- Série d'ateliers de renforcement des capacités sur les accords de l'OMC ;
- Renforcement des ressources humaines de la FONGS dans le domaine des politiques agricoles.
B. Mise à disposition d'une formation d'outils pour renforcer les capacités d'interpellation et de négociation et création d'opportunités permettant aux leaders d'interpeller les partenaires et l'Etat
- Élaboration d'une proposition de programme de lutte contre la pauvreté (vision des paysans) ;
- Échanges et négociation entre OP/Etat/Bailleurs sur la vision paysanne de la lutte contre la pauvreté et sa prise en compte dans le programme national (atelier Méridien Février 199) ;
- Accord du CNCR pour que la FONGS soit le porte-parole des ruraux pour la lute contre la pauvreté ;
- Négociation et proposition de programmes au Chef de l'Etat, aux bailleurs de fonds ;
- Co-Élaboration et diffusion d'un outil (pochette négociation) en relation avec GRAD
C. Élaboration d'un document de politiques agricoles sur l'agriculture familiale du terroir à l'environnement international
- 2 ateliers de définition sur les concepts d'agriculture durable à Kaffrine et Méckhé (80 leaders touchés - Janvier 1998) ;
- étude de cas dans le bassin arachidier : ses changements et son avenir (comparaison des villages de Diamathiène, Ngodiba, Telle Yargouye) Août 200
- rencontre critique et analyse des résultats de l'étude avec les experts FAO à Rome (Sept 2000)
- partage des résultats avec les OP/CNCR/FONGS ;
- élaboration d'un premier document de propositions ;
- séminaire de validation regroupement (Etat, OP, Bailleurs, OP sous-région collectivités locales (octobre 2000) ;
- proposition du document finalisé aux autorités publiques ;
- restitution du document validé au niveau des différentes fédérations du CNCR.
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